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Films vus en janvier/février et quelques autres

Deuxième partie

Derniers films vus :

  • Bien : The Ghost writer (Roman Polanski), Crazy heart (Scott Cooper)

  • Pas mal : Le Rêve italien (Michele Placido), La Stratégie du choc (Michael Winterbottom, Mat Whitecross), L'Arbre et la forêt (Olivier Ducastel, Jacques Martineau)

Dimanche c'est le second tour des élections (avec un résultat hommage à Ferrat ?), mais dimanche, lundi et mardi prochains c'est aussi le printemps du cinéma.

Deux films récents que j'aime sentimentalement : Le Rêve italien et Crazy heart.

Le premier est un film d'inspiration autobiographique de Michele Placido sur l'année 1968 en Italie. Et je dois dire que le personnage masculin principal du film réalise un de mes fantasmes : emmener une étudiante idéaliste (interprétéé par Jasmine Trinca, déja vue chez Nanni Moretti) voir Les Parapluies de Cherbourg (le plus beau film du monde !). Si on me prend par les sentiments... Donc je n'ai pas un avis très objectif sur le film. Je l'ai aimé donc, même si le réalisateur, sans doute pour faire énergique, multiplie les plans courts, alors que pour savourer je préfèrerais qu'ils soient plus longs... A Lille, le film a été débarqué dès la deuxième semaine. Donc envoyez vos dons à l'ADFISCAJT (Association de Défense des Films Italiens Spécialement Ceux Avec Jasmine Trinca) !

Le second est une sorte de version US de Quand j'étais chanteur. Jeff Bridges, qu'on n'avait pas vu aussi bien depuis The Big Lebowski, interprète un chanteur de country qui a beaucoup bourlingué (4 mariages) et qui est un peu trop porté sur la bouteille. Il rencontre une jeune journaliste (Maggie Gyllenhaal, craquante, très "vraie"), mère célibataire d'un enfant de 4 ans. Une belle romance, où même les clichés (il n'y en a pas beaucoup) paraissent authentiques. Un beau film pour le coeur et les oreilles. Oscar pour Jeff Bridges, parait-il (c'est mérité).

A part ça, si je reprends les films dont je ne vous ai pas encore parlé dans l'ordre de leur sortie, je dois vous indiquer que j'ai beaucoup aimé A serious man, le dernier film des frères Coen (sorti le 20 janvier). C'est un film à l'ironie très sûre. L'introduction pourrait faire penser à du Woody Allen, le film est ensuite très maîtrisé, dans un enchaînement de situations cruel donc délectable. Le film se termine à un moment étonnant.

Un mot sur Océans, le documentaire animalier de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (sorti le 27 janvier). C'est très spectaculaire, la qualité des images témoigne d'un véritable exploit technique. Et en même temps, ce n'est que ça, donc ça s'oublie assez vite...

Le documentaire écolo qu'il faut voir c'est plutôt Le Temps des grâces (sorti le 10 février). Réalisé par Dominique Marchais, c'est une enquête sur l'agriculture, et c'est passionnant. Contrairement au dernier Depardon qui avait une approche surtout esthétique et sentimentale, là il s'agit de décortiquer l'évolution de l'agriculture depuis soixante ans, et c'est très dense. Mentions spéciales aux interventions de Marc Dufumier, Lydia et Claude Bourguignon, mais elles sont toutes intéressantes.

Un film belge à découvrir, s'il est toujours à l'affiche, c'est La Régate de Bernard Bellefroid (sorti le 17 février). Un adolescent de 15 ans, qui fait de l'aviron à un haut niveau, pour oublier une situation familiale délicate (battu par son père veuf). Cela pourrait être un téléfilm édifiant, mais tous les interprètes en font un film de cinéma digne. Si ce n'était pas de mauvais goût, j'écrirais que c'est un film coup de poing...

La Tisseuse (sorti le 24 février) est l'échappée romanesque d'une ouvrière chinoise atteinte d'un cancer à un stade avancé. En l'apprenant, elle quitte momentanément mari et fils pour s'offrir un voyage à Pékin, à la recherche d'un amour disparu, jamais oublié. Si ce genre de drame est malheureusement banal, il est filmé avec grâce par Wang Quan An, dont j'avais bien aimé Le Mariage de Tuya.

Je fais partie de ceux qui ne connaissaient pas le roman Shutter Island de Denis Lehane. Et j'ai beaucoup aimé le film éponyme de Martin Scorsese sorti le 24 février. Pourtant je ne suis pas un inconditionnel du réalisateur : je n'ai pas aimé Gangs of New-York, et je n'ai pas vu l'intérêt de faire un remarque de l'excellent Infernal affairs. Mais là j'ai été conquis par l'atmosphère, les personnages, et le twist final (un renversement de situation crédible a posteriori). Je n'en dis pas plus, mais c'est l'un des meilleurs films de ce début d'année.

Dans le genre thriller parano, il faut signaler aussi l'excellent film de Roman Polanski The Ghost writer, sorti le 3 mars. Ewan McGregor joue le rôle de nègre d'un ancien premier ministre britannique fictif (interprété par Pierce Brosnan). Le film n'évite pas les clichés, mais la mise en scène est brillante. Polanski a réalisé un film très antiaméricain...

Sorti le 3 mars, le documentaire La Stratégie du choc, de Michael Winterbottom et Mat Whitecross, avec Naomie Klein, est un bon film altermondialiste, mais ceux qui sont convaincus d'avance n'apprendront pas grand chose. Pour les autres, un bon décortiquage des méthodes des ultra-libéraux, ce qui offre une certaine grille de lecture, notamment avec l'actualité grecque...

Pour terminer, deux films "mémoriels" : Liberté (sorti le 24 février) et L'Arbre et la forêt (sorti le 3 mars).

Le premier est le dernier film de Tony Gatlif, sur la persécution des tziganes pendant l'Occupation. Si leur mode de vie est comme toujours bien rendu par Gatlif, le reste est un peu scolaire. Si c'est peut-être son film le plus important, ce n'est pas son film le plus réussi.

Le second évoque la persécution des homosexuels pendant l'Occupation, un secret de famille pour le personnage joué par Guy Marchand. Là aussi le sujet est inattaquable. Le film fait penser à du théâtre, tout en dialogues. Le résultat est digne, mais j'attendais mieux du tandem de réalisateurs Olivier Ducastel - Jacques Martineau, ceux-là même qui ont ouvert mes goûts à la comédie musicale avec leur premier film et chef d'oeuvre Jeanne et le garçon formidable.

Côté reprises, j'ai beaucoup aimé En quatrième vitesse et Pas d'orchidées pour Miss Blandish, tous deux de Robert Aldrich, et je vous en parlerai peut-être ultérieurement.

Version imprimable | Films de 2010 | Le Jeudi 18/03/2010 | 0 commentaires




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