- Bien : Resurrection (Bi Gan)
- Pas mal : Le Chant des forêts (Vincent Munier), Arco (Ugo Bienvenu)
- Bof : Avatar : De feu et de cendres (James Cameron)
RESURRECTION (Bi Gan, 10 déc) LLL
Après deux premiers longs métrages très formalistes, Bi Gan tourne ce film-concept à l'ambition démesurée, que le jury du festival de Cannes a récompensé d'un prix spécial créé pour l'occasion. Prenant prétexte d'un récit de science-fiction dystopique (une société humaine qui acquiert l'immortalité en cessant de rêver), le film suit une sorte de résistant, un "rêvoleur" (dans la traduction française), dont les aventures sont le prétexte pour parcourir plus d'un siècle de cinéma. Chaque épisode a son genre particulier. De façon paradoxale, le film suscite d'abord l'incrédulité, par manque d'incarnation, mais la patience est récompensée. Les deux derniers segments sont des chefs d'oeuvre, dans l'intensité des situations créées comme dans celle de l'interprétation, au moyen de choix formels inouïs et enfin féconds.
LE CHANT DES FORÊTS (Vincent Munier, 17 déc) LL
Le photographe Vincent Munier quitte les pas de l'écrivain controversé Sylvain Tesson (lui-même dans le sillage de Jean Raspail d'après l'enquête "Réactions françaises" de François Krug paru au Seuil). Rien de tel ici. Le réalisateur convie son père, qui lui a donné la passion de l'observation de la faune sauvage, ainsi que son fils de 13 ans, pour tenter d'observer le Grand Tétras dans les forêts des Vosges, que le plus âgé des trois a eu la chance de rencontrer il y a des décennies. Il y a peu de mots dans ce film, et ils sont presque de trop, tant son intérêt réside dans les compositions photographiques et l'écrin musical de Warren Ellis.
ARCO (Ugo Bienvenu, 22 oct) LL
Arco est un petit garçon de 10 ans (en 2932), impatient d'avoir le droit d'utiliser une cape arc-en-ciel pour voyager dans le temps. Un jour il n'y tient plus, et atterrit en 2075. A l'époque d'origine (le XXXè siècle), les humains ont appris à se connecter à la nature, ce qui manque à ceux du XXIè siècle. C'est le message véritablement écolo d'un film qui prend le risque de regarder de façon (trop) optimiste les nouvelles technologies. En tant que conte, ça se défend. Si le film lorgne vers le cinéma de Hayao Miyazaki, il n'est pas tout à fait à hauteur de ses ambitions, n'ayant ni habileté narrative ni style visuel personnel comparables à ceux des meilleures animations du maître japonais.
AVATAR : DE FEU ET DE CENDRES (James Cameron, 17 déc) L
Pendant un bon moment, on se pince : ce nouvel opus ressemble à une purge. Tout ce qui faisait le sel du premier volet semble désormais évacué : la dimension écologiste et anticolonialiste est reléguée à l'arrière-plan d'un récit qui mélange un peu les notions de peuple et de famille, le tout dans des images numériques sans émerveillement esthétique. On retrouve un peu l'intérêt et l'esprit des précédents épisodes dans la dernière heure, le film montre alors ce qu'il aurait pu être. Sauf que le film recycle sans renouveler. Mis à part les profits pour l'industrie cinématographique, on peine donc à voir la raison d'être de ce nouveau chapitre.
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