- Bravo : Soudain (Ryusuke Hamaguchi)
- Bien : Notre salut (Emmanuel Marre), In waves (Phuong Mai Nguyen), Jim Queen (Nicolas Athane, Marco Nguyen), Qui vit encore (Nicolas Wadimoff), Dégel (Manuela Martelli), Chicas tristes (Fernanda Tovar), Les Matins merveilleux (Avril Besson), The Good sister (Sarah Miro Fischer)
- Pas mal : Disclosure Day (Steven Spielberg), Cotton Queen (Suzannah Mirghani), Si tu penses bien (Géraldine Nakache), La Chaleur (Stéphane Demoustier), Sur la route d'Omaha (Cole Webley), The Last Viking (Anders Thomas Jensen), Les Silences de Ryad (Haïfaa Al-Mansour), L'Odyssée (Christopher Nolan), Sous le ciel de Kyoto (Akiko Okhu), La Bataille De Gaulle : J'écris ton nom (Antonin Baudry)
- Bof : La Bataille de Gaulle : L'Âge de fer (Antonin Baudry), L'Inconnue (Arthur Harari)
SOUDAIN (Ryusuke Hamaguchi, 12 aou) LLLL
Marie-Lou dirige un Ehpad privé, et veut former son personnel à l'Humanitude, une nouvelle approche des soins. Mari est metteuse en scène de théâtre, de passage à Paris. Leur rencontre va être féconde, le film durant trois heures et s'intéressant à de nombreux personnages. Ce nouvel opus du maître japonais se révèle d'une très grande densité humaine, tout en assumant un regard politique sur notre condition ici et maintenant. Certaines scènes nous font entendre des dialogues assez didactiques, une manière qui n'est pas valorisée dans les goûts critiques dominants, et qui habituellement peut se révéler de façon objective très maladroite. Il n'en est rien ici, grâce à deux atouts exceptionnels : l'incarnation et la mise en scène. Je passe rapidement sur la première, célébrée par le jury cannois avec le double prix d'interprétation féminine (Tao Okamoto et Virginie Efira). Sur le deuxième point, il faut peut-être insister sur le fait que les scènes dans lesquelles apparaissent ces dialogues sont visuellement extraordinaires (rien à voir avec des mots d'auteur filmés en champ - contrechamp). Dans l'une d'elles, Mari expose à Marie-Lou son point de vue systémique en faisant au marqueur (sur un tableau) des croquis assez inédits. Une façon de rendre très visuelle ce qui aurait pu être pris autrement comme une abstraction ou une périlleuse montée en généralité. Hamaguchi s'est d'abord fait connaître comme une sorte d'entomologiste de nos failles intimes (Senses, Drive my car), avant de raconter un combat citoyen contre l'installation d'un village vacances en lisière de forêt (Le Mal n'existe pas). D'une certaine manière, Soudain est à l'intersection de ces deux veines, avec des personnages qui ne sont pas dans l'affrontement pur contre le capitalisme, mais qui en tentant expérimentalement de se soustraire à cette logique, s'inscrivent dans la dignité du présent, à un point particulier de l'archipel des luttes, mais que Hamaguchi essaie de restituer dans sa profondeur...
NOTRE SALUT (Emmanuel Marre, 30 sep) LLL
Inspiré de la correspondance de guerre entre Henri Marre (l'arrière-grand père du cinéaste) et son épouse, le récit, auréolé d'un prix du scénario à Cannes, a un intérêt propre. Mais, pour autant, c'est par toutes ses autres qualités que le film détonne. Henri Marre est un ingénieur devenu assez haut fonctionnaire dans l'administration du régime de Vichy, qui s'improvise après la débâcle et les pleins pouvoirs accordés à Pétain. Se déploie donc devant nous le portrait d'un homme plutôt conformiste (mais ouvert à de nouvelles notions, on y reviendra) et rouage ordinaire mais d'abord réticent de la collaboration. Assez vite, pourtant, la rivière déborde de son lit : non seulement il ne s'agit pas d'un film en costumes classique, en témoigne des scènes éclairées de façon non naturaliste (comme si le protagoniste principal nous apparaissait comme un lapin pris dans des phares), mais, en outre, des choix stylistiques anachroniques permettent au cinéaste d'interpeller directement les spectateurs et spectatrices d'aujourd'hui. C'est par exemple l'effet produit par l'utilisation de musiques modernes qui créent un éloignement formel par rapport à une reconstitution figurative, sans induire une distanciation puisque cela permet aussi de rapprocher l'époque décrite de la nôtre. Les dialogues ne sont pas davantage conçus pour recréer la langue française des années 1940, dès les premières scènes ils apparaissent redoutablement contemporains, notamment dans l'intérêt porté par Henri Marre à un nouveau concept pour discipliner le monde du travail : le management (rejoignant ainsi la thèse défendue par l'historien Johann Chapoutot dans son essai Libres d'obéir). Swann Arlaud, dans un rôle de composition total, interprète Henri de façon neutre et premier degré, l'ironie étant prise en charge par la mise en scène (la façon dont nous regardons ce personnage).
IN WAVES (Phuong Mai Nguyen, 1er juil) LLL
Certains des films les plus emballants de l'année ont été réalisés en animation. Celui-ci, qui en fait partie, est l'adaptation du roman graphique (et autobiographique) de AJ Dungo, paru en 2019 et que je ne connaissais pas. Au départ, on craint qu'il s'agisse d'une oeuvre de "niche", puisque se situant dans le milieu du surf sur la côte Ouest des Etats-Unis. En réalité il est beaucoup plus vaste, plus universalisable, car on peut y voir un récit d'apprentissage à dimension multiple : apprentissage d'un sport, d'une relation sentimentale, puis d'un drame qui couve et met en péril cette dernière. La réalisatrice Phuong Mai Nguyen a créé son propre style visuel (différent du roman), mais en a respecté toute la pudeur et la délicatesse. Les émotions sont présentes, en suspens, mais ne tombent jamais dans le mélo facile.
JIM QUEEN (Nicolas Athane, Marco Nguyen, 17 juin) LLL
Ce film d'animation déjanté, qui s'adresse à tout le monde sauf à un jeune public (pour lequel il n'est pas du tout adapté), a donné cet été l'impression d'un vent de fraîcheur politique détonnant, à travers son humour irrévérencieux qui se moque des travers réactionnaires de notre société. Il se joue des gros clichés sur la communauté gay parisienne avec Jim, un influenceur gay dont la gonflette est menacée par un mystérieux fléau : l'hétérose... La ministre homophobe de la Santé ne veut rien savoir, tandis que Lucien, son fils maigrichon, voue une admiration secrète pour Jim. Habile, le scénario vise plus large, et brocarde en filigrane, mais au bazooka, les pouvoirs d'une bourgeoisie toujours prompte à abandonner une partie de la population pour ses propres intérêts avides.
QUI VIT ENCORE (Nicolas Wadimoff, 14 oct) LLL
Dans un dispositif dépouillé favorisant la parole, neuf Palestiniens de Gaza ayant réussi à fuir l'enclave dans la première année de la guerre génocidaire se présentent d'abord collectivement, puis s'expriment individuellement sur leurs expériences traumatiques respectives liées aux destructions patrimoniales, matérielles et bien sûr aux pertes des proches. Nicolas Wadimoff tourne son documentaire dans la continuité de la démarche "We are not numbers", à l'opposé de l'invisibilisation et du racisme anti-palestinien sévissant dans nombre de médias mainstream occidentaux. La forme choisie, austère et digne, est au diapason de cette exigence d'écoute (et de nécessité de catharsis) et de recueil d'une partie de l'indicible : grande carte de Gaza dessinée au sol à la craie, visages et corps éclairés sur fond noir...
DEGEL (Manuela Martelli, 26 aou) LLL
Nous sommes en 1992 au Chili. Inès, 9 ans, passe quelques jours, sans ses parents (partis à l'exposition universelle de Séville), mais avec ses cousins, dans un hôtel appartenant à ses grands-parents, dans une station de ski. Elle se lie d'amitié avec Hanna, une adolescente de 14 ans venue dans la station s'entraîner avec d'autres espoirs allemands. Mais, un matin, Hanna a disparu. Dans ce film atmosphérique à tous points de vue, le contexte historique, qui s'insinue petit à petit dans le récit, est restitué par une mise en scène implacable, qui suggère beaucoup avec une économie de moyens et surtout de mots (même si les non-dits des personnages sont bien sûr aussi une conséquence du contexte relaté et non pas un choix uniquement artistique de la réalisatrice aujourd'hui).
CHICAS TRISTES (Fernanda Tovar, 12 aou) LLL
Le film raconte l'histoire de deux lycéennes mexicaines qui s'entraînent dans le même groupe mixte de natation en espérant être sélectionnées pour les Jeux Olympiques qui se dérouleront au Brésil. L'une d'elles, La Maestra, aide l'autre, Paula, à se rapprocher d'un de leurs camarades, Daniel. Mais la suite se passe mal et met les deux jeunes filles à l'épreuve, ainsi que leur amitié... Le film brasse des thèmes connus, de la sortie de l'adolescence aux violences sexistes et sexuelles, mais Fernando Tovar, pour sa première réalisation, et à l'aide de plans soigneusement composés, traite ses sujets en créant son propre regard et son ton particulier.
LES MATINS MERVEILLEUX (Avril Besson, 29 juil) LLL
En découvrant sa grand-mère morte dans son sommeil, et en triant ses affaires dans son appartement parisien, Charlie (India Hair) se rend compte qu'elle doit remettre des vinyles à un certain Thierry, dans un village du sud de la France. Un premier long métrage de fiction avec ses pleins et ses déliés : des moments où l'action ralentit mais qui permettent de se ré-oxygéner, et de se laisser traverser par des émotions distillées en sourdine et très pudiquement sur le deuil, le temps qui passe, les chemins suivis et ceux qui ont tourné court... En amateur de disco, exigeant mais qui assume ses faiblesses, Cantonna est craquant, au milieu d'autres personnages subtilement décalées. Un charme à l'image du film tout entier, qui vaut pour sa beauté du geste, même dans ses petites imperfections....
THE GOOD SISTER (Sarah Miro Fischer, 2 sep) LLL
Rose est une jeune infirmière en pleine rupture sentimentale (sa compagne vient de la mettre à la porte). Le temps de se poser, elle vient se réfugier chez son frère aîné, qu'elle adore, et il le lui rend bien. Lorsque qu'elle est convoquée par la police suite à une plainte contre son frère pour viol, elle tombe des nues et est persuadée qu'il s'agit d'un malentendu... Sarah Miro Fischer, pour son premier long métrage, propose une sorte de suspense psychologique, avec un regard tout en finesse, sous-tendu par une réalité longtemps déniée dans les représentations dominantes : les auteurs de violences sexuelles peuvent être des proches, qui ne sont pas par ailleurs des "monstres" en marge de la société.
DISCLOSURE DAY (Steven Spielberg, 10 juin) LL
Après une autobiographie déguisée (The Fabelmans, superbe), on se réjouissait de voir Spielberg renouer avec une veine extraterrestre qui avait donné ses jalons dans le cinéma de divertissement (du crescendo des Rencontres du troisième type à la sombre Guerre des mondes, en passant par le merveilleux conte familial E.T.). Ici, des événements mystérieux lient le destin d'un lanceur d'alerte traqué et d'une présentatrice météo. D'une grande efficacité formelle, l'intrigue tourne autour de l'existence cachée de créatures extraterrestres qui ont bien atterri sur notre planète, mais qui ont subi de mauvais traitements, tandis qu'une grande entreprise veut exploiter leur puissante technologie. Le film veut sans doute renouer avec les films paranoiaques progressistes des années 1970 (Les Trois jours du condor, Les Hommes du président), mais son complotisme anti-scientifique, pas si éloigné des délires trumpistes, peut aussi laisser songeur.
COTTON QUEEN (Suzannah Mirghani, 5 aou) LL
Dans un village, au Soudan, Nafisa, une jeune cueilleuse de coton, découvre le passé de sa grand-mère, guérisseuse mais aussi ancienne figure de la résistance anticoloniale. La grande cinéaste palestinienne Annemarie Jacir est une des productrices de ce film international, qui fait s'entremêler un passé colonial (avec là-aussi un pré-carré en partie britannique) et un présent néocolonial à travers le personnage de Nadir, un entrepreneur venu de Londres auquel les parents de Nafisa désirent la marier. Nadir souhaite acquérir la plantation familiale de coton naturel pour y substituer le développement d'un coton synthétique. Dans une forme soignée, le film accumule des thèmes chers au public occidental altermondialiste, mais sans en creuser aucun.
SI TU PENSES BIEN (Géraldine Nakache, 16 sep) LL
"Si tu penses bien, il t'arrivera du bien" est une phrase prononcée aux futurs mariés Gil et Jacques par le rabbin qui présidera aux noces le lendemain. Mais c'est une autre phrase qui revient comme un leitmotiv dans la bouche de Jacques tout au long du film : "C'est à toi de voir". Comme pour faire semblant de donner un choix à sa femme, alors que c'est déjà tout vu. Après plusieurs comédies, Géraldine Nakache propose un drame autour d'une relation avec un pervers narcissique, et confie le rôle principal à Monia Chokri (excellente). Niels Schneider interprète Jacques de façon redoutable. Les deux personnages sont de confession juive, mais Jacques instrumentalise la religion au service de sa perversion, et on sent qu'il aurait très bien pu utiliser un autre support.
LA CHALEUR (Stéphane Demoustier, 8 juil) LL
La fin des vacances, prises par Marouane, 17 ans, et sa famille dans un camping des Landes, approche. Après une dernière journée de canicule, l'adolescent sort avec son ami Noé, et, à la suite d'une dispute, provoque la chute accidentelle et mortelle d'Oscar. Le drame s'étant joué sans témoin, Marouane s'empresse de dissimuler le corps sous le sable... Le film lie la thématique plus large de la chronique adolescente de la fin de l'innocence enfantine avec une intrigue, non forcément générationnelle, de thriller psychologique. C'est un mélange des genres qui est visé, mais c'est davantage une confusion un peu malaisante qui est obtenue.
SUR LA ROUTE D'OMAHA (Cole Webley, 22 juil) LL
Sans avoir prévenu ses enfants sur le but de leur périple, un père veuf les embarque en voiture, avec leur chien Rex. On devine assez rapidement qu'il s'agit d'un drame social maquillé en road movie familial, dans lequel certains moments de joie partagée (comme la séquence du cerf-volant) sont pourtant traversés par une sourde inquiétude, tapie dans les non-dits. Inspiré par une loi américaine datant de 2018, le film touche par ses personnages (dont la fillette de 9 ans jouée par Molly Belle Wright), même si sa structure, avec son basculement différé mais qu'on sent venir, peut donner une impression d'artifice.
THE LAST VIKING (Anders Thomas Jensen, 15 juil) LL
Un des succès surprises en salle cet été. Sorti de prison quinze ans après avoir commis un hold-up, Anker cherche à récupérer le butin caché avant son arrestation par Manfred, son frère (Mads Mikkelsen, savoureux). Mais ce dernier a oublié la cachette et, atteint d'un trouble de l'identité, se prend pour John Lennon. Anker va donc tenter de reconstituer les Beatles autour de son frère... Le film réussit plutôt bien ses ruptures de ton grinçantes, entre absurdité, tendresse et accès de violence. Le prologue et l'épilogue, tirées d'une légende viking anti-égalitariste, sont d'un humour plus discutable, par rapport à un monde contemporain ravagé par des inégalités croissantes qui nous éloignent de la sobriété impérative selon les scientifiques.
LES SILENCES DE RYAD (Haïfaa Al-Mansour, 5 aou) LL
Une femme est découverte morte dans le désert, en Arabie Saoudite. Nawal, une jeune femme travaillant aux archives du commissariat, et cherchant à progresser professionnellement, insiste pour assister le colonel Majid dans son enquête. C'est le début d'un thriller, presque à l'occidentale, de la part de la réalisatrice de Wadjda. Il reste toujours un regard acéré sur le fonctionnement de la société, même si le suspense débouche sur une résolution, peut-être astucieuse mais assez gratuite, au risque d'affadir l'ensemble.
L'ODYSSEE (Christopher Nolan, 15 juil) LL
Christopher Nolan est l'un des rares réalisateurs hollywoodiens pouvant se permettre d'écrire seul ses scénarios. C'est encore le cas ici, dans cette adaptation d'Homère. Si le cinéma de Nolan m'intéresse peu quand il cherche à faire son Kubrick sans lui arriver à la cheville, il me séduit davantage lorsqu'il prend pour (anti)héros des figures dont l'éthique est fortement discutable (comme dans son très réussi Openheimer). Le personnage fictif d'Ulysse échappe aussi à la notion de héros positif et possède cette ambiguïté là. En revanche, le grand spectacle, qui fait partie de la commande industrielle, est assuré à la truelle dans une esthétique stéréotypée.
SOUS LE CIEL DE KYOTO (Akiko Okhu, 22 juil) LL
Toru est un étudiant qui se promène toujours avec un parapluie, en se tenant ainsi à distance respectable du reste du monde. Il se lie toutefois d'amitié avec Hana, sa mystérieuse camarade de promo. L'autre personne avec laquelle il a un lien est Sacchan, sa collègue dans un job d'entretien dans un bain public. Le film va peu à peu épouser la forme d'un mélodrame adulescent, avec en son coeur une longue déclaration (ça passe ou ça casse). L'ambition est peut-être d'aider des spectateurs du même âge à surmonter leurs traumas, mais via une photographie très proprette et des rebondissements trop cousus de fil blanc.
LA BATAILLE DE GAULLE : J'ECRIS TON NOM (Antonin Baudry, 1er juil) LL
Cette seconde partie se laisse davantage voir que la première. Peut-être parce qu'on peut y suivre les affres de la Résistance depuis ses opérations hors de l'Hexagone, ce qui a été moins montré au cinéma jusqu'à maintenant. S'il y a des personnages secondaires réussis, le film verse trop dans l'anecdote caricaturale à propos de ce qui se trame dans les états-majors, et les scènes de bravoures ne sont pas beaucoup plus convaincantes, accompagnées d'une musique beaucoup trop emphatique.
LA BATAILLE DE GAULLE : L'ÂGE DE FER (Antonin Baudry, 3 juin) L
Curieux projet que ce film en deux parties autour de la figure du Général De Gaulle pendant la Seconde guerre mondiale. Alors que le sujet est d'importance, le traitement laisse perplexe. La seule audace réussie, dans cette première partie, réside dans le choix du comédien Simon Abkarian pour incarner De Gaulle (mais il était bien plus convaincant encore en Manouchian dans L'Armée du crime de Robert Guédiguian). Tout le reste tombe un peu à plat. Il y a du romanesque, mais desservi par une écriture de BD d'humour au souffle court qui donne l'impression de tout simplifier.
L'INCONNUE (Arthur Harari, 26 aou) L
S'il y a quelque chose qu'on ne peut pas reprocher à Arthur Harari, ce serait un manque d'ambition. En effet, après l'impressionnant Onoda, il nous propose un univers radicalement différent, en proposant l'adaptation de la BD Le Cas de David Zimmerman, coécrite avec son frère, récit de métempsychose dans lequel un homme, après s'être évanoui, se réveille dans la peau de la jeune femme avec laquelle il venait de faire l'amour. Les deux personnages ont les corps si différents de Léa Seydoux et d'un méconnaissable Niels Schneider. Le scénario est très théorique, et il est difficile de le sentir incarné par ce qu'on voit à l'écran.
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